J'ai écrit cette ballade anonyme.
Faut-il crier, dans la rue, les erreurs
D'un monde isolé ? Ce chant est un hymne
A la gloire des hommes qui se meurent.
A toi, l'enfant qui n'a connu que la misère,
A qui le monde a dérobé tous ses repaires.
A toi, l'enfant, qui du haut de tes huit années,
De son corps, aux chars ennemis, va s'opposer .
A toi, l'enfant philippin aux regards déchus
Qui dans les usines, dans les mines , te tue .
A toi , l'enfant noir qui ne rêvera jamais
Plus de voir les étoiles de l'éternité.
A toi l'enfant, qui regarde la neige, belle,
Tomber derrière les fenêtres aquarelles,
Blessé dans ton orgueil, et cette maladie
Qui t'emprisonne et t'enlève le souris #
A toi , l'enfant du Rwanda , perdu dans l'espace,
Perdu dans les psychoses quand la vie s'efface.
A toi l'enfant Nord Coréen, qui vit captif,
D'un homme aux troubles d'impuissance maladifs.
A toi l'enfant, à toi l'ange aux regards livides,
Mort sous les tirs ennemis, poussé au suicide !
J'ai écrit cette ballade anonyme.
Faut-il crier, dans la rue, les erreurs
D'un monde isolé ? Ce chant est un hymne
A la gloire des hommes qui se meurent.
A toi, l'adolescente qui défia l'amour,
Qui est tombée dans la dépression du "Toujours" .
Toi qui n'a que treize ans et qui porte la vie,
Qu'on a laissé mourir dans son hémorragie .
Toi que la vie a souillé d'un acte , d'un sexe
Et dans ta chute, tout est devenu perplexe :
Ton corps n'était que le résultat du dégoût ;
Il t'a laissée détruite par un sourire doux .
Toi qui n'a même plus de respect pour ton corps,
Ton bonheur n'est plus ; chaque jour est un effort.
Toi qui ne connaît plus la vertu, le couvent,
Pense à cette gamine en Asie, que l'on vend.
Toi petite fille, qui doit tout reconstruire,
Qui veut fuir cette vie en ruine où tout expire.
A toi, jeune adolescente, qu'on a sali
Qui de tes cicatrices, pleures et rougis,
L'homme, sur ton corps fléchis, de sa main impure
A gravé d'encre rouge, tas maux et blessures.
J'ai écrit cette ballade anonyme.
Faut-il crier, dans la rue, les erreurs
D'un monde isolé ? Ce chant est un hymne
A la gloire des hommes qui se meurent.
A toi, la femme , qui se couche sous la pierre.
Les coups se sont multipliés avant hier.#
Toi, qui pleure l'amour de ta vie et ton mari.
Veuve d'un soldat , mort en Irak ! Quelle folie!
A toi, qui te noies# pour oublier la déprime,
Qui te perds dans le labyrinthe des maximes.
Toi , qui affaiblie par la perte de l'enfant,
Veux que tout disparaisse prématurément.
Toi, qui en Orient, Allah a fait recouvrir.
Tu rêves de ce jour, où tu pourras élire# !
Toi, que l'on pousse à la mort en Indonésie:
Une fatwa indienne, chrétienne hérésie !
Tu vis, tu parcoures la terre, menacée
De ne jamais te réveiller en liberté.
Toi qui a transmis le sida à ton bambin:
Tu lui as apporté l'enfer ; tu lui as peint
Dans un paysage d'Afrique, quelques larmes !
Tu t'en veux sans doute de cette vie sans armes .
J'ai écrit cette ballade anonyme.
Faut-il crier, dans la rue, les erreurs
D'un monde isolé ? Ce chant est un hymne
A la gloire des hommes qui se meurent.
A toi, l'homme qui, sous les coups, courbe le dos,
Qui achèvera son oeuvre dans le tombeau,
Qui n'a connu que les barbelés de Corée ,
Tu prends repos de la vie dans l'humilité.
Toi, qui va te sacrifier pour ton idéal :
World Trade Center, Madrid, Petak Tikva Mall .
Toi, qui est victime de la Xénophobie ,
Tu es fier de tes ancêtres de Numidie,
Le singe n'est-il pas une divinité ?
Tu marches enfin sur le peur de l'étranger.
Toi, qui a fuit les missiles américains,
Ton frère, dans ces Tours#, travaillait, ce matin .
Toi, qui chaque hiver te bats un peu plus pour vivre,
Le ventre vide, le sourire éperdu, ivre .
A toi, l'homme qu'on exploite dans les usines,
Toi, qui regardes ces machines assassines.
Toi qui marchait dans la rue et qu'on a tué,
C'était ce matin là ! Paris ... Rue des rosiers !#
J'ai écrit cette ballade anonyme.
Faut-il crier, dans la rue, les erreurs
D'un monde isolé ? Ce chant est un hymne
A la gloire des hommes qui se meurent.
Le soleil brille sur le sable de l'arène.
Le Colisée crie à la peine et à la haine.
Les lions féroces son lâchés, les gladiateurs
Saluent respectueusement le grand Empereur .
Vous voici tous, aux pieds des tribunes royales,
Vous sentez... sentez que ce monde est sépulcrale .
Vos chutes seront des spectacles applaudis .
Regardez tous, votre frère, à côté ! il gît .
L'épée de ce monde barbare l'a brisé :
Bienvenu en deux mille sept, monde éploré !